Je suis enseignante agrégée au niveau préscolaire et je détiens un certificat en éducation de la petite enfance, ainsi que dans d’autres cours spécialisés du domaine. Je travaille dans une école préscolaire sans but lucratif auprès d’élèves issus de familles à faible revenu. C’est un programme génial qui fait une réelle différence auprès de ces enfants et je ne pourrais m’imaginer faire autre chose que ça.

Mon parcours médical a débuté en 2013, alors que je souffrais continuellement de douleurs et d’inconforts abdominaux en plus de crampes. Je me suis tournée vers mon médecin de famille en quête de réponses. En novembre 2017, je me suis retrouvé aux urgences et ce n’était alors que le début d’une longue série de hauts et de bas pour enfin aboutir à un diagnostic. Quand bien même on m’assurait que tout était retourné à la normale, j’ai été placée sur une liste d’attente pour consulter un gynécologue le plus tôt possible. J’ai appris plus tard qu’aucun résultat n’a été probant et qu’au lieu de continuer de me faire passer des tests, on m’a simplement affirmé que tout allait bien.

Vers la fin de février 2018, je n’avais reçu encore aucune nouvelle de spécialiste et la douleur était ingérable. J’ai commencé à avoir des maux de dos intenses, en plus de crampes et de douleurs au niveau du pelvis. J’ai finalement été vue par un spécialiste qui m’a fait passer un autre examen pelvien et un test Pap. Trois jours plus tard, j’ai reçu les résultats par téléphone : j’avais un risque élevé de développer des cellules cancéreuses et je devais passer une colposcopie. Pourtant, cela ne semblait pas grave et je n’allais avoir besoin que d’un prélèvement par raclement lors de ma prochaine consultation. Ma colposcopie était prévue pour le 20 avril, et presque immédiatement après m’être étendue sur la table d’examen, le docteur m’a fait part de ses inquiétudes, me disant qu’il tenterait d’avoir mes résultats le plus tôt possible. Ce même lundi en fin d’après-midi, j’ai été convoquée par téléphone au bureau de mon médecin. Il m’a annoncé que j’avais le cancer, mais il gardait l’espoir que celui-ci ne s’était pas trop propagé. Je devais d’abord passer un tomodensitogramme en espérant que l’on puisse voir ce qui se passait.

Cet examen a montré que j’avais non seulement le cancer, mais aussi une tumeur qui obstruait mon rein gauche de façon majeure, ce qui expliquait mes maux de dos. Le spécialiste a agi très rapidement pour me placer dans une clinique de cancérologie le plus tôt possible, en plus de me trouver un docteur pour traiter mon problème de rein. Durant les dix premiers jours de mai, j’ai subi une opération pour placer un tube de néphrostomie dans mon rein gauche, en plus de passer une IRM et une TEP. J’ai ensuite fait la rencontre de mes oncologistes qui avaient déjà élaboré un plan de traitement. J’ai appris que j’avais des cancers au niveau du col de l’utérus, de l’utérus, des ganglions lymphatiques et du côlon.

Je savais que cela n’augurait rien de bon, mais je tenais dur comme fer de ne pas savoir à quelle phase j’en étais et quelles étaient mes chances de m’en remettre; je voulais simplement commencer mon traitement. Le 22 mai 2018, j’ai entamé mes 6 premières semaines de chimiothérapie qui consistaient en 33 traitements quotidiens de radiations et de 4 traitements par curiethérapie. Ma réaction au traitement était meilleure qu’il n’avait été anticipé et j’ai été chanceuse de ne plus montrer de signes de maladie vers la fin du traitement. À partir d’août, j’ai fait 6 autres mois de chimiothérapie que j’ai terminés le 17 janvier. Depuis l’an dernier, mes examens démontrent une « absence de preuve de maladie », mais récemment, une anomalie dans mes poumons a été détectée durant mon tomodensitogramme annuel. J’ai insisté afin de passer un TEP le plus tôt possible.

Ma décision de ne me concentrer que sur le positif et sur les merveilleuses personnes autour de moi qui m’ont soutenu m’a grandement aidée à passer à travers cette période. Ces dernières quelques années ont été tumultueuses, mais elles m’ont permis de me rapprocher de ma famille avec qui j’ai passé mon temps libre en plus de mes filleuls, de mes amis et de mon merveilleux petit ami. Mes activités favorites sont la lecture, passer du temps en nature ou avec mes chiens. Je fais aussi partie d’un groupe de bricolage mensuel afin de garder mon esprit créatif actif.

En ce moment, j’essaye de naviguer à travers la vie ménopausique après le cancer avec autant d’humour et d’élégance que possible. Je suis passionnée à l’idée de faire une différence auprès des femmes qui souffrent du cancer du col utérin et de travailler à éliminer cette maladie au Canada. Je fais partie de deux comités du Partenariat canadien contre le cancer : celui sur la survie et la santé mentale, et celui sur l’élimination du cancer du col de l’utérus. J’ai récemment prononcé le discours d’ouverture de patient au Elimination of Cervical Cancer Summit 2020 du CPAC à Toronto.